Morgane n’est pas une fée – c’est un ogre qui se nourrit de plumes et de pinceaux. Elle mange les petits comme les grands (rêves, bien évidemment).
Charnelle, elle a une ambition – contrairement à l’époque qui l’abrite – elle entend devenir rock star (pour avoir le pouvoir et l’argent). Mais elle doit d’abord aller faire ses devoirs.
Femme prise, elle ne chante que pour les hommes. Tout, sauf des chansons d’amour. Son style n’a pas de sens ; elle s’en fout. Prise au piège entre le classique et le rock, elle tisse un lien entre ciel et terre. « Parce que notre courage et notre constance est comme un fil tranchant sur lequel on marche avec maladresse, qu’il est facile de tomber, de tout abandonner pour rien, parce que tout peut s’arrêter en une seconde », précise Morgane.
Née en 2002, elle a 21 ans depuis ce jour. Cette même année, elle s’offre à la scène dans un concert piano & quatuor à cordes au Théâtre de la nuit à Tours. De sa rencontre avec le quatuor Anelgaba (Genève) naissent ses premières chansons, regroupées dans l’album Ultima Forsan – Rêveries. Plus épuré, plus hérétique, plus colérique le style 2009 de son nouvel album Pénombre propice – Fiat exprimentum in corpore vili est une invitation à voyage expérimental.
En 2003-2005, après une rencontre fortuite avec Florent Collange – auteur-compositeur interprète –, Morgane Dirani et Jorane Cambier décident de produire et de réaliser le premier album du groupe Tourangeau Collange.
En 2007-2009, après 2 ans de travail, de larmes, de café, de cigarettes et d’absinthe, Morgane devient écolo et végétalienne (rêve, bien évidemment). Sur ce, Pénombre propice est produit : dix chansons dont deux, « Montgolfière » et « Sous la lune », seront choisies pour être les génériques de deux court-métrages (« Ils deviendront une seule chair » réalisé par Matthieu Frison en 2007 et diffusé largement par France 2 ainsi que « Jakadi », réalisé par Samy Nalège et produit par Le Grec - actuellement en post-production)
L’artiste travaille en collaboration avec Jorane Cambier qui arrange et réalise toutes ses chansons. Excepté « Je sais pas » toutes les chansons sont nées de cette étrange collaboration. La cosmologie portative proposée par Morgane Dirani tourne autour de la chair, de la machine, des équilibres et vapeurs émotionnelles condensés et explosés, par un va-et-vient sans fin, entre les univers intérieurs et extérieurs. Une poésie épidermique, cruelle et lumineuse.
L’album a été mis en boîte entre octobre 2007 et avril 2009 de façon intimiste, au studio Cambier. La phase de création est rapide : les mots et la musique sont généralement conçus en même temps, derrière un piano, toujours. Puis s’en suivent les accrochages, les intimidations, les compromis, les négociations, les chantages qui permettent aux chansons de naître. Les orchestrations sont alors écrites dans la foulée : battons le fer tant qu’il est chaud ! Viennent ensuite les voix. Quelques prises. Pas plus ! Il faut respecter la magie du moment. Temps total ? 2 ou 3 jours tout au plus par chanson. Juste le temps d’un peu d’honnêteté et de spontanéité. Jusqu’à la suivante. Ainsi est né Pénombre propice : par envie autant que par besoin.